Le rôle d’une auxiliaire de vie sociale est un pilier du maintien à domicile pour de nombreuses personnes âgées, malades ou en situation de handicap. Son soutien quotidien est précieux, mais sa profession est encadrée par des règles strictes. Connaître précisément ce qu’une auxiliaire de vie ne doit pas faire est indispensable pour garantir la sécurité du bénéficiaire, respecter le cadre légal et protéger la responsabilité du professionnel.
Le rôle et le cadre légal d’une auxiliaire de vie
L’auxiliaire de vie sociale (AVS) intervient au domicile pour assister les personnes fragilisées dans les gestes et tâches de la vie courante. Son objectif est de préserver leur autonomie et de leur permettre de vivre chez elles dans les meilleures conditions. Cette profession demande des compétences techniques et humaines validées, le plus souvent, par un Diplôme d’État d’Accompagnement Éducatif et Social (DEAES) mais pas toujours.
Les missions autorisées pour le maintien à domicile
Grâce à sa qualification, l’auxiliaire de vie est habilitée à accompagner les personnes dans les actes de la vie quotidienne. Ses missions incluent l’aide au lever et au coucher, l’aide à l’habillage, la préparation et l’aide à la prise des repas. Elle peut également effectuer les transferts d’une personne à l’aide d’un matériel adapté comme un lève-malade.
L’aide à la toilette est aussi une de ses prérogatives, à condition que celle-ci ne relève pas d’une prescription médicale et concerne des gestes d’hygiène de base (toilette au gant, aide pour entrer et sortir de la douche).
La différence de compétences avec une aide-soignante
Il est primordial de ne pas confondre le rôle de l’auxiliaire de vie avec celui d’une aide-soignante ou d’une infirmière. La distinction majeure réside dans la nature des actes. Les professionnels de santé comme les aides-soignants et les infirmiers sont les seuls autorisés à prodiguer des soins médicaux ou des actes réalisés sur prescription d’un médecin.
D’après le site Domidom, l’auxiliaire de vie apporte un soutien à la vie sociale et quotidienne, mais n’a pas de compétence médicale.
Les actes médicaux et de soin formellement interdits
Le périmètre d’intervention de l’auxiliaire de vie exclut formellement tout acte relevant du domaine médical ou paramédical. Tenter de réaliser un soin réservé à un professionnel de santé expose le bénéficiaire à un risque sanitaire et engage la responsabilité civile et pénale de l’intervenant. La prudence et le respect strict des compétences sont donc de mise.
L’interdiction de gérer ou d’administrer des médicaments

La préparation d’un pilulier et l’administration de médicaments sont des tâches interdites pour une aide à domicile. Ces actions relèvent de la compétence d’un infirmier ou du pharmacien et engagent une responsabilité médicale. L’auxiliaire de vie peut uniquement rappeler à la personne de prendre ses médicaments si elle est en mesure de le faire seule et sans aide.
Une seule exception existe, très encadrée : les auxiliaires de vie formées peuvent pratiquer des aspirations endo-trachéales.
Les soins d’hygiène et actes techniques non autorisés
Certains gestes, même s’ils semblent relever de l’hygiène, sont considérés comme des soins et sont donc interdits. Il est donc formellement proscrit pour une auxiliaire de vie de réaliser les actions suivantes :
- Effectuer une toilette au lit, aussi appelée “nursing”, qui est un soin prescrit médicalement.
- Poser des bas ou des bandes de contention.
- Appliquer des crèmes ou pommades délivrées sur ordonnance.
- Réaliser une manucure ou une pédicure, qui peuvent présenter des risques d’infection.
- Poser une sonde, une attelle ou tout autre matériel médical.
- Effectuer des transferts d’une personne fortement dépendante sans aide technique adaptée.
Les interdictions liées à la gestion financière et administrative
L’impossibilité d’utiliser les moyens de paiement
Une auxiliaire de vie n’a en aucun cas le droit d’utiliser la carte bancaire ou le chéquier du bénéficiaire. Il lui est également interdit de retirer de l’argent, de gérer les comptes bancaires ou d’effectuer la moindre opération financière. De même, elle ne peut signer aucun document officiel à la place de la personne (acte de vente, bail, contrat).
Si la personne aidée n’est plus en capacité de gérer ses finances, il revient à ses proches de mettre en place une mesure de protection juridique (curatelle, tutelle).
La gestion des courses avec du liquide et un justificatif
La seule interaction financière autorisée concerne les courses. L’auxiliaire de vie peut utiliser de l’argent liquide que vous lui avez confié pour cet usage. Cependant, cette pratique est conditionnée à une transparence totale. Elle doit impérativement conserver et vous présenter une preuve d’achat, comme le ticket de caisse ou une facture, pour justifier chaque dépense engagée.
Les limites des tâches domestiques et autres services
L’intervention de l’auxiliaire de vie pour l’entretien du domicile est également délimitée. Son rôle est de maintenir un cadre de vie propre et sécurisé pour le bénéficiaire, et non de réaliser un grand nettoyage (comme une aide ménagère) ou des travaux qui sortent de ses compétences. Ces limites visent à la fois à clarifier la mission et à protéger la santé de l’intervenant.
Le périmètre du ménage courant dans les pièces de vie
Le ménage par une auxiliaire de vie se concentre sur les tâches courantes dans les parties habitables du logement (chambre, salon, cuisine, salle de bain). L’intervention doit pouvoir se faire à “hauteur d’homme”, ce qui exclut le nettoyage des murs, des plafonds, des vitres en hauteur ou le déplacement de meubles lourds. De même, le nettoyage d’une cave ou d’un grenier ne fait pas partie de ses missions. Pour les courses effectuées à pied, le poids transporté ne doit pas dépasser 5 kg.
Les tâches exclues comme le jardinage ou les animaux
L’auxiliaire de vie n’est pas une employée polyvalente. Son intervention est centrée exclusivement sur le bien-être du bénéficiaire. Par conséquent, elle n’a pas à s’occuper des autres membres du foyer. Il lui est également interdit de réaliser des travaux de jardinage (tonte de pelouse, taille de haie), de petit bricolage lourd ou des réparations (plomberie, électricité).
Enfin, sauf si le contrat de service le prévoit spécifiquement via une option, elle n’est pas tenue de s’occuper des animaux domestiques.



